Des réalités nord-américaines différentes
Les fluctuations qui ont caractérisé les cours du baril de pétrole durant les dernières années ont été impressionnantes, voire déroutantes. Pour preuve, le baril de West Texas Intermediate (WTI) qui se négociait en septembre 2008 à 104,11 $US ne valait que 26,20 $US en septembre 2001. C’est là une progression de 297 % en 7 ans. Et la différence entre sa valeur maximale et sa valeur minimale est franchement spectaculaire. Entre les 19,39 $US de décembre 2001 et les 133,88 $US de juin 2008, il y a une augmentation de 590 % !
Mais qu’en est-il lorsque le prix du baril, habituellement exprimé en dollars américains, est converti en dollars canadiens ? Car au bout du compte, le prix du baril énoncé en dollars américains ne dit pas toute l’histoire quant à l’impact du prix de l’essence sur les entreprises et les consommateurs canadiens. Cela est particulièrement vrai si l’on considère les importantes variations qu’a connues le dollar canadien. Ainsi, la variation entre les prix du baril en septembre 2001 et en septembre 2008, une fois convertie en dollars canadiens, quoique substantielle, est bien inférieure aux 297 % du prix en dollars américains, à 168 % pour la même période. Dans la même veine, la différence entre la valeur maximale et la valeur minimale du baril est de 345 %. Ainsi, il ressort clairement que les bornes qui encadrent les fluctuations des cours du pétrole sont moins prononcées lorsque ceux-ci sont libellés en dollars canadiens plutôt qu’en dollars américains.
Le rapport entre la valeur de notre monnaie et le pétrole n’est plus à prouver. Les Services économiques d’Exportation et développement Canada (EDC) ont établi, en 2005, une relation qui démontrait clairement que le Canada avait un pétrodollar. Les fluctuations de la valeur de notre monnaie seraient liées, entre autres, aux mouvements du prix de l’or noir. Ce qui fait en sorte que les augmentations du prix du baril ont été à la fois moins prononcées et moins ressenties au Canada que chez nos voisins du Sud.
Il est également intéressant d’aborder la question sous l’angle des taux de change. D’un côté, le prix du baril de WTI est souvent énoncé en dollars américains; de l’autre, le dollar canadien est formulé en cents US. Il en ressort qu’une dépréciation du billet vert avantage notre monnaie et tempère, de ce fait, les mouvements à la hausse du baril.
Dans cette optique, les mouvements à la baisse des cours du pétrole se répercutent aussi de manière moindre dans notre économie. Ainsi, un baril moins cher, du fait de son influence sur la valeur du dollar canadien, ne se reflétera pas nécessairement à la pompe de manière aussi prononcée qu’aux États-Unis.
L’économie américaine a donc été la principale victime nord-américaine de l’ampleur des fluctuations à la hausse des cours de l’or noir alors qu’au Canada, qui se positionne en exportateur net de pétrole, ces mouvements ont évolué entre des limites dont l’amplitude a été bien moindre – même si ces variations ont été pleinement ressenties par les entreprises et les consommateurs canadiens.
Version française
Fluctuating oil prices affect the U.S. and Canada differently
The fluctuations in the price of oil in recent years have been extraordinary, if not disconcerting. As proof, a barrel of West Texas Intermediate (WTI), which in September 2008 traded at US$104.11, was worth just US$26.20 in September 2001, an increase of 297% in 7 years. And the difference between its maximum and minimum values is frankly unbelievable: a 590% increase from US$19.39 in December 2001 to US$133.88 in June 2008!
But what happens when the price, usually expressed in U.S. dollars, is converted to Canadian dollars? The fact is that the price of oil quoted in U.S. dollars does not tell the whole story about the impact of gasoline prices on Canadian businesses and consumers. This is particularly true if we consider the sharp swings in the Canadian dollar. As such, although substantial at 168%, the increase in the price of oil between September 2001 and September 2008, when converted to Canadian dollars, is well below the 297% increase when expressed in U.S. currency. Similarly, the difference between the maximum and minimum price is 345%. It is clear, therefore, that the peaks and troughs marking the fluctuations in the cost of oil are less pronounced when quoted in Canadian rather than U.S. dollars.
The relationship between the value of our currency and oil has been clearly established. In 2005, Export Development Canada (EDC) established a relationship which clearly showed that Canada had a petrodollar. The fluctuations in the value of our currency would be based, in part, on changes in the price of crude. The result is that increases in the price of oil have not been as sharp or disruptive in Canada than in our neighbours to the South.
It is also interesting to view this issue from the point of view of exchange rates. The price of a barrel of WTI is often quoted in U.S. dollars while the Canadian dollar is quoted in U.S. cents. As a result, a depreciation in the greenback benefits our currency and, accordingly, tempers increases in the price of oil.
From this viewpoint, a decrease in the price of oil also has less of an effect on our economy. A less expensive barrel, due to its influence on the value of the Canadian dollar, will not necessarily reflect as dramatically at the pump as in the United States.
The U.S. economy has therefore felt the brunt of the upward trend in oil prices, whereas in Canada, as a net exporter of oil, these movements have evolved within a narrower range despite the fact that they have been fully felt by Canadian businesses and consumers.
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